Pourquoi le service social d’entreprise est si efficace. Gros plan sur Proitera sous l’angle de la politique professionnelle.
Contribution d’invité de Tobias Bockstaller, responsable des bases techniques chez AvenirSocial, association professionnelle du travail social suisse
Tobias Bockstaller
Contribution d'invité de Tobias Bockstaller, responsable des bases techniques chez AvenirSocial, association professionnelle du travail social suisse
En tant que responsable des bases professionnelles d’AvenirSocial, l’association professionnelle suisse du travail social, je me rends régulièrement dans différentes organisations de secteurs divers et variés où travaillent des personnes en charge du travail social. L’association professionnelle défend les intérêts des professionnels disposant d’une formation tertiaire dans le travail social, la pédagogie sociale, l’animation socio-culturelle, l’animation communale, la pédagogie de l’enfance et l’accompagnement socio-professionnel, donc également de tous les professionnels travaillant chez Proitera.
Avec 40 spécialistes, Proitera atteint 70.000 personnes dans 200 organisations et leur offre un accès à bas seuil à des offres de conseil complètes qui ne connaissent pas de frontières quant à leur contenu.
Afin de pouvoir représenter ces professionnels de manière optimale, il est indispensable de connaître la réalité de leur travail. Une mission difficile, car la Suisse compte plus de 15’000 organisations travaillant dans d’innombrables domaines ! Il est donc d’autant plus important de connaître des secteurs à première vue de petite taille, par exemple le service social d’entreprise. Il est petit par le nombre de professionnels qui travaillent dans ce secteur, mais très grand par l’expérience et les connaissances de ces professionnels en matière de service social d’entreprise ainsi que par l’étendue du groupe cible.
Ainsi, avec 40 professionnels employés, Proitera touche 70’000 personnes dans 200 organisations. La plupart de ces 70’000 personnes n’ont jamais été en contact avec des offres du travail social mais, grâce aux services de Proitera, elles peuvent accéder facilement à des conseils illimités en termes de sujets abordés. Qu’elles aient des questions sur le partenariat enregistré, le droit du travail ou l’endettement, elles bénéficient du soutien des professionnels de Proitera pour toutes leurs demandes.
Quels métiers se prêtent à la fourniture de ce genre de conseils? Qui maîtrise à la fois les besoins individuels des personnes et le système de la sécurité sociale? Pour pouvoir devenir conseiller ou conseillère chez Proitera, il faut satisfaire des exigences très élevées au vu des enjeux.
D’une part, Proitera s’engage explicitement à respecter les principes du code professionnel du travail social suisse et, d’autre part, elle stipule dans tous ses contrats avec ses partenaires que toute personne a le droit d’être conseillée par un(e) professionnel(le) diplômé(e) en travail social.
Proitera se distingue des autres prestataires spécialisés dans le service social d’entreprise par quelques spécificités. D’une part, ses conseillers s’engagent à appliquer les principes du Code de déontologie du travail social en Suisse et, d’autre part, ils précisent dans tous les contrats conclus avec des partenaires que chaque personne a droit à des conseils prodigués par un(e) professionnel(le) diplômé(e) dans le domaine du travail social.
Les travailleurs sociaux avec lesquels j’ai pu échanger m’ont tous beaucoup impressionné par leur niveau de connaissance et leur éthique professionnelle. Grâce à la latitude que leur laisse Proitera quant à laméthode de conseil, ils peuvent parfaitement mettre à profit les expériences qu’ils ont glanées jusqu’à présent dans leur vie professionnelle. Malgré tout, il ne leur est pas toujours facile de satisfaire certaines exigences de la profession au quotidien. En effet, ces professionnels ont pour mission non seulement de soutenir des personnes dans la situation qu’elles traversent actuellement, mais aussi d’améliorer durablement cette situation.
Comment communiquer à une PME que ses employés sont stressés en raison du comportement problématique d’un(e) membre de la direction si mon employeur a besoin du contrat qui est négocié avec cette personne?
Pour y parvenir, les conseillers doivent aussi attirer l’attention sur des facteurs structurels à l’origine des problèmes rencontrés par ces personnes. La société Proitera étant un prestataire, elle est bien entendu tributaire des organisations qui font appel à ses services. Son objectif est donc de satisfaire sa clientèle. Les situations où les professionnels constatent des problèmes structurels au niveau des organisations les mettent face à des défis particuliers. Comment communiquer à une PME que ses employés sont stressés en raison du comportement problématique d’un(e) membre de la direction si mon employeur a besoin du contrat qui est négocié avec cette personne? Les travailleurs sociaux de Proitera peuvent aborder ces questions dans les canaux de supervision (l’une des nombreuses mesures prises pour satisfaire aux critères de qualité de Proitera).
Ils déterminent alors la marche à suivre de manière concertée. Il s’agit pourtant d’un aspect conflictuel que tous les professionnels du travail social ne connaissent que trop bien. Où doit aller ma loyauté? Aux personnes que j’accompagne, dans ce cas les employés de la société, ou à mon donneur d’ordre, dans ce cas la PME ? Dans ce cas de figure, les professionnels peuvent aussi s’appuyer sur le Code de déontologie du travail social en Suisse, qui présente les valeurs fondamentales de la profession et leur offre une orientation dans cette démarche délicate.
Le milieu du service social d’entreprise est aussi animé par la question suivante: un service social interne est-il plus ou moins efficace qu’un service de conseil social externalisé? Après ma visite chez Proitera, j’ai l’impression que les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. Un service social interne peut être plus facile d’accès pour les employés, car la personne en charge ou le service proposé peuvent être davantage présents au sein de l’entreprise. Quant aux organisations telles que Proitera, elles offrent un avantage en termes de transfert de connaissances car il ne s’agit pas de la même entreprise que celle où les personnes suivies sont employées; de plus, leur emplacement extérieur à l’entreprise leur permet d’agir de manière plus indépendante et de garantir un plus haut niveau d’anonymat. Enfin, avec des entreprises comme Proitera, même des organisations de petite taille ou de taille intermédiaire peuvent proposer un service social d’entreprise à leurs employés.
Dans les deux cas, il est important que l’entreprise dispose de connaissances et soit sensibilisée à l’importance et l’efficacité du service social d’entreprise. De mon point de vue de membre de l’association professionnelle, je trouve que la contribution du service social d’entreprise pour la société est sous-estimée. Je ne mettrai jamais assez l’accent sur l’effet préventif des conseils, à la fois pour la qualité du travail des employés, si importante pour les entreprises, et en tant que support d’autres prestations sociales.
Je ne saurais trop insister sur l’effet préventif du conseil, tant pour la qualité de travail des employés, si importante pour les entreprises, que comme soutien à d’autres prestations sociales.
Toutefois, il ne faut pas oublier que le service social d’entreprise est mis à la disposition uniquement des personnes qui ont un statut d’employé. Or, le travail social a aussi vocation à soutenir les personnes qui ne peuvent pas travailler. Je souhaiterais que le milieu du service social d’entreprise, et en particulier Proitera, montre encore plus clairement à ses donneurs d’ordre la responsabilité qui incombe aux entreprises en termes de société civile et ce qu’elles peuvent faire pour contribuer à une société plus juste.
Avantages et inconvénients du service social d'enterprise externe par rapport au service social interne:
Indépendance
Peut agir de manière indépendante et garantir en conséquence un grand anonymat.Transfert de connaissances
Transfert de connaissances plus efficace, les professionnels peuvent agir librement et sans préjugés.Accessibilité
L'accès peut être difficile, car les spécialistes et le service ne sont pas présents dans l'entreprise.
Le milieu du service social d’entreprise est aussi animé par la question suivante : un service social interne est-il plus ou moins efficace qu’un service de conseil social externalisé ? Après ma visite chez Proitera, j’ai l’impression que les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. Un service social interne peut être plus facile d’accès pour les employés, car la personne en charge ou le service proposé peuvent être davantage présents au sein de l’entreprise. Quant aux organisations telles que Proitera, elles offrent un avantage en termes de transfert de connaissances car il ne s’agit pas de la même entreprise que celle où les personnes suivies sont employées ; de plus, leur emplacement extérieur à l’entreprise leur permet d’agir de manière plus indépendante et de garantir un plus haut niveau d’anonymat. Enfin, avec des entreprises comme Proitera, même des organisations de petite taille ou de taille intermédiaire peuvent proposer un service social d’entreprise à leurs employés.
Dans les deux cas, il est important que l’entreprise dispose de connaissances et soit sensibilisée à l’importance et l’efficacité du service social d’entreprise. De mon point de vue de membre de l’association professionnelle, je trouve que la contribution du service social d’entreprise pour la société est sous-estimée. Je ne mettrai jamais assez l’accent sur l’effet préventif des conseils, à la fois pour la qualité du travail des employés, si importante pour les entreprises, et en tant que support d’autres prestations sociales.
Je ne saurais trop insister sur l’effet préventif du conseil, tant pour la qualité de travail des employés, si importante pour les entreprises, que comme soutien à d’autres prestations sociales.
Toutefois, il ne faut pas oublier que le service social d’entreprise est mis à la disposition uniquement des personnes qui ont un statut d’employé. Or, le travail social a aussi vocation à soutenir les personnes qui ne peuvent pas travailler. Je souhaiterais que le milieu du service social d’entreprise, et en particulier Proitera, montre encore plus clairement à ses donneurs d’ordre la responsabilité qui incombe aux entreprises en termes de société civile et ce qu’elles peuvent faire pour contribuer à une société plus juste.
Un grand merci pour cet aperçu passionnant d’un domaine restreint, mais très important, du travail social.