1. novembre 2021

Connaître ses propres limites et respecter celles des autres

« N’en fais pas tout un plat, ce n’est pas si grave » ou « Tu n’as pas besoin de péter les plombs pour ça ». Avez-vous déjà entendu ce genre de remarques ? Au lieu de faire preuve de compassion, nous minimisons le ressenti d’une personne qui s’exprime en généralisant et dépréciant ses valeurs, ses sentiments et son comportement. Cependant, il arrive tout aussi souvent que nos propres limites soient franchies par les autres. Combien de fois disons-nous « oui » alors qu’en réalité nous voulions dire « non » ? Les limites personnelles dépendent, la plupart du temps, de la situation vécue, elles ne sont pas universelles. Ainsi, un certain comportement va franchir la limite d’une personne alors que pour une autre, ce ne sera pas le cas. Chaque personne en a donc une perception différente. Au travail, au sein d’une équipe, les limites invisibles et inconscientes de chaque individu jouent également un rôle important.

Il existe différents types de limites. Tout être humain a droit à :

  • sa propre liberté de pensées et d’opinions (limites intellectuelles).
  • ses propres sentiments lorsqu’il vit une situation précise (limites émotionnelles).
  • son propre espace, qu’importe sa dimension (limites physiques).
  • ses propres ami.e.s, activités et loisirs (limites sociales).
  • ses propres croyances (ou non-croyances) et à sa spiritualité (limites spirituelles).

Source: Chris Bloom

Lorsque les limites sont dépassées

Chaque personne réagit très différemment lorsque ses limites personnelles ne sont pas respectées. Nous pouvons nous disputer, être très en colère, agressif.ve.s ou nous sentir impuissant.e.s, nous sommes silencieux, nous nous retirons. Nous pouvons aussi nous sentir coupables et avoir un sentiment d’échec. Un sentiment de malaise se répand. Si une situation devient de plus en plus insupportable, des problèmes de santé pouvant mener à l’épuisement et au burnout apparaissent.

Certaines personnes ont plus de facilité que d’autres à affirmer leurs limites sociales. Elles savent ce qui est important pour elles et ce pour quoi elles sont prêtes à s’engager. Toutefois, c’est précisément la définition des limites émotionnelles dans les relations ou au travail qui nous posent un peu plus de problèmes. Nous craignons les conséquences si nous insistons pour que nos limites soient respectées : la peur du rejet, la peur d’être critiqué.e, de perdre la sympathie de l’autre ou de ne plus être utile.

La valeur que nous avons de nous-même dépend souvent du jugement des autres et il nous est difficile de dire « NON ». Mais fixer des limites, c’est aussi savoir dire « NON ». Prendre soin de soi, c’est aussi être capable de dire « NON » avant que cela ne devienne trop compliqué.

Source: Adam Grant

Connaître ses besoins personnels

Posez-vous les questions suivantes :

  • Qu’est-ce que je veux ?
  • Qu’est-ce qui m’intéresse ?
  • Qu’est-ce que je souhaite ?

Vous ne voulez pas, par exemple, que quelqu’un soit physiquement trop proche de vous, qu’il se trouve dans votre bureau sans permission ou qu’il se décharge sur vous d’un travail qui ne vous concerne pas vraiment. Concentrez-vous plutôt sur vous que sur les besoins des autres. Prenez vos besoins au sérieux. Vous êtes seul.e responsable de votre bien-être. Si vous attendez des autres qu’ils/elles connaissent vos besoins personnels, alors vous risquez d’être déçu.e.

Identifier et respecter ses limites personnelles

Est-ce que par le passé vous avez déjà vécu des situations où vous avez fait quelque chose pour autrui mais ensuite vous vous êtes senti.e mal à l’aise et peut-être dépassé.e ? Alors, il est fort possible que vous n’ayez pas respecté vos limites personnelles. Afin de pouvoir identifier ses limites personnelles, il est utile de se poser les questions suivantes et d’y répondre :

  • Dans quelle situation avez-vous dit « OUI » alors qu’en fait vous vouliez dire « NON » ?
  • Pour quelle raison avez-vous dit oui ?
  • Quel est le comportement qui enfreint vos limites ?
  • Quand avez-vous regretté d’avoir fait quelque chose que vous ne vouliez pas faire ?
  • Pourquoi acceptez-vous du travail supplémentaire alors que vous êtes déjà surchargé.e ?
  • Pourquoi ne voulez-vous pas décevoir votre patron ?
  • Pourquoi n’avez-vous pas confiance en vos performances ?

Pour beaucoup de personnes, il n’est pas facile de connaître et surtout aussi d’accepter ses limites personnelles. Souvent, nous sommes animé.e.s par des pensées telles que «je vais encore arriver à le faire» ou «ne sois pas une mauviette». N’oubliez pas que vous ne devez pas plaire à tout le monde et qu’il est tout aussi important de se préoccuper de soi-même. Si vous ne voulez pas accepter du travail supplémentaire ou si vous refusez d’accéder à la demande de quelqu’un, ça ne fait pas de vous ni une mauvaise personne ni un.e mauvais.e employé.e

Exemple pour reconnaître ses limites :

« Maintenant, je vais vraiment aller dormir et je ne vais pas encore faire la lessive. J’ai assumé bien assez de tâches, il faudrait que j’en délègue une partie. »

Exprimer un souhait de changement

Déterminez d’abord clairement ce que vous voulez exactement changer. Comment voulez-vous que les choses fonctionnent à l’avenir pour que vous puissiez vous sentir bien ? Veillez à formuler votre souhait aussi concrètement et de manière aussi positive que possible.

Exemple de formulation :

« Je veux avoir la paix. Le matin, j’aimerais pouvoir boire mon premier café sans être dérangé.e ou « J’aimerais d’abord prendre le temps de la réflexion avant d’accepter des tâches supplémentaires ».

Réfléchissez à ce qui se passe quand vous formulez votre souhait ou quand vous dites simplement « non » à une requête. Apprenez à vraiment identifier vos sentiments, à les nommer et à les respecter. À chaque fois que vous avez pris une décision courageuse et que vous l’avez communiquée, vous renforcez votre confiance en vous.

Exprimer ses limites et les faire respecter

Communiquez vos limites d’une façon amicale, respectueuse mais ferme ! Fixer des limites et dire « non » demande du courage et de la confiance en soi, car nous ne souhaitons pas blesser quelqu’un au travers de nos actes.

Exemple pour communiquer ses limites :

Au lieu de dire « Tu dois arrêter de me déranger quand je travaille », vous pourriez le formuler ainsi : « J’ai besoin de calme pour pouvoir me concentrer sur mon travail » ou « J’aimerais bien t’offrir mon soutien, mais j’ai beaucoup de travail. Que pourrais-tu faire pour moi ? »

Vous n’êtes pas sûr.e d’avoir réagi correctement ? Des personnes externes et neutres peuvent vous aider à évaluer certaines situations et à faire le point sur vos doutes personnels. Ne vous mettez pas sous pression et cherchez du soutien auprès d’ami.e.s, de proches, de votre famille ou d’un point de contact neutre sur le lieu de travail comme, par exemple, une conseillère ou un conseiller de Proitera.

Qu’il s’agisse d’exprimer une critique ou de résoudre des conflits au sein d’une équipe, il vous arrive souvent aussi, en tant que supérieur.e hiérarchique, d’atteindre vos propres limites. Votre tâche consiste toutefois à rester factuel.le et à exprimer les choses telles qu’elles sont en évitant que vos émotions personnelles n’interfèrent.

Comment établir ses limites en tant que supérieur.e hiérarchique ?

Faites preuve de compréhension : Montrez que vous comprenez la situation dans laquelle se trouve l’employé.e et offrez-lui votre soutien. Lorsqu’il y a des situations conflictuelles, évitez de prendre parti ou de dénigrer les employé.e.s en leur absence.

Exprimez vos critiques de façon objective : Jugez les faits, pas la personne. Il ne s’agit pas de changer l’employé.e, mais d’aborder la question de son comportement sur le lieu de travail et de s’efforcer de le modifier. Exprimez-vous au « je » pour expliquer à l’employé.e que vous l’appréciez beaucoup mais que vous n’acceptez pas son comportement.

Encourager le dialogue et définissez le cadre : En tant que personne neutre, vous organisez et encouragez le dialogue entre les différentes parties du conflit mais ne devez pas jouer le rôle de l’intermédiaire qui transmet les critiques. Il est important de définir le cadre qui permettra le bon déroulement d’une discussion de clarification. Les forces et les faiblesses des différent.e.s participant.e.s peuvent être abordées mais uniquement sur un plan factuel et en respectant les limites des autres.

Identifiez vos propres limites : Prenez conscience de vos propres limites et dites parfois « non » lorsque vous remarquez que votre limite personnelle a été franchie. Si vous voulez fixer des limites, vous devez d’abord savoir où elles se trouvent.

Demandez du soutien : Nos conseillères et nos conseillers peuvent vous aider vous ainsi que vos employé.e.s à mener des conversations ouvertes, à clarifier les malentendus et à détecter suffisamment tôt les situations stressantes. Nos méthodes vous aident à comprendre votre rapport à votre environnement et à le percevoir de manière plus précise et attentive.

À ce sujet, lisez notre article de blog « Changer c’est possible : c’est pourquoi cela vaut la peine de remettre en question ses habitudes ».


Partager cet article

Lire d'autres articles du blog

Portrait: Hilda Studer-Theler

[cta]

En savoir plus
La BKB – Banque Cler : un exemple en matière de diversité et d’inclusion en entreprise

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’intéresser au thème de la diversité et de l'égalité des ...

En savoir plus
Activité professionnelle et prise en charge des proches : une nouvelle loi fédérale soutien les proches aidant.e.s.

Avec l’évolution démographique, les progrès de la médecine, la pénurie de personnel soignant et la volonté grandissante de rester ...

En savoir plus
Proitera Beraterinnen und Berater stellen sich vor.

 

En savoir plus
Tous les articles de blog