2. août 2021

Activité professionnelle et prise en charge des proches : une nouvelle loi fédérale soutien les proches aidant.e.s.

Avec l’évolution démographique, les progrès de la médecine, la pénurie de personnel soignant et la volonté grandissante de rester à domicile le plus longtemps possible, les proches aidant.e.s sont toujours plus nombreux.ses. D’après un rapport de l’OFSP publié en 2020, il y aurait en Suisse quelques 600 000 proches aidant.e.s. Parmi ces personnes, nombreuses sont celles qui n’ont pas conscience d’en faire partie.

Qu’est-ce qu’un.e proche aidant.e ? Si l’on se réfère à la définition donnée par la Fondation Pro-XY (fondation suisse des proches aidants), le.la proche aidant.e est : «la personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage, pour les activités de la vie quotidienne. Cette aide régulière peut être prodiguée de façon permanente ou non et peut prendre plusieurs formes.

Exemples de tâches d’un.e proche aidant.e

Conscient de la précieuse ressource que constituent les proches aidant.e.s, le conseil fédéral a adopté en 2019 la loi fédérale sur l’amélioration de la conciliation entre activité professionnelle et prise en charge de proches. Celle-ci est partiellement entrée en application le 1er janvier 2021, entraînant des modifications non négligeables à diverses lois fédérales (CO, LTr, LAPG, LAVS, LAI). Elle instaure notamment :

Le maintien du salaire pour une durée maximum de 3 jours par cas si l’on doit prendre en charge un.e membre de la famille ou son.sa partenaire en raison d’une maladie ou d’un accident, avec un maximum de 10 jours par an.

La possibilité d’obtenir des bonifications pour tâches d’assistance également dans le cas où la personne qui nécessite des soins est au bénéfice d’allocations pour impotence faible. De plus, les concubin.e.s peuvent désormais aussi en bénéficier s’ils.elles appartiennent au ménage depuis au moins 5 ans.

Une modification de l’allocation pour impotent de l’AI et du supplément pour soins intenses permettant de conserver le droit aux prestations lorsque l’enfant séjourne à l’hôpital. Au-delà d’un mois, il faut toutefois justifier de la présence quotidienne nécessaire des parents.

Puis, dès le 1er juillet 2021, un congé de prise en charge de 14 semaines pour les parents qui travaillent afin de pouvoir s’occuper d’un enfant gravement malade ou victime d’un accident. Ces 14 semaines pourront être prises dans un délai-cadre de 18 mois, en bloc ou en jours isolés.

En dépit de cette reconnaissance au niveau législatif, le travail des proches aidant.e.s n’en demeure pas moins une charge considérable qui peut entrainer de nombreuses difficultés, notamment lorsqu’il faut mener de front des obligations professionnelles et celles en lien avec le rôle de proche aidant.e. Environ 2/3 des personnes concernées vivent au quotidien ce cumul de responsabilités.

En tant que proche aidant.e, les points suivants peuvent vous être utiles :

Analyser sa situation personnelle : qu’est-ce qu’il vous faut pour conserver un équilibre physique et psychique ? Avez-vous besoin d’un quelconque soutien ? Est-ce que votre employeur.se vous propose des modèles de travail flexibles ?

S’informer : de nombreuses informations pertinentes se trouvent sur le thème « activité professionnelle et prise en charge » (Work & Care) sur internet. Renseignez-vous sur les possibilités que vous offre votre employeur.se, puis contactez également votre RH.

Rechercher le dialogue : faites un bilan personnel avec votre conseiller ou conseillère Proitera. Préparez-vous soigneusement à un éventuel entretien de clarification avec vos supérieur.e.s hiérarchiques ou votre RH. Parlez de votre situation personnelle et des diverses contraintes qu’elle génère. N’hésitez pas à vous adresser à une personne (externe) qui pourra vous aider à gérer la communication entre toutes les parties concernées et à trouver des solutions adaptées à votre cas.

Bien que le travail puisse représenter un poids à côté de ces responsabilités, il est généralement bénéfique de maintenir une activité professionnelle en parallèle. En effet, si les conséquences financières directes d’un arrêt ou d’une diminution de son activité professionnelle paraissent évidentes, il convient de songer également à sa prévoyance professionnelle. De plus, conserver un emploi permet d’entretenir des liens sociaux externes au cercle familial et de se définir autrement qu’en tant qu’aidant.e. D’ailleurs, le rapport de l’OFSP relève que « les proches aidant[-e-] s travaillant à temps partiel ou sans activité professionnelle sont plus susceptibles de souffrir de problèmes psychiques que [celles et] ceux travaillant à plein temps. »

Or, trouver un équilibre et parvenir à se ressourcer s’avère aussi ardu qu’indispensable si l’on veut concilier ces deux activités. Une enquête menée auprès d’entreprises suisses de plus de 5 employé.e.s conclut

« […] qu’un recours accru au conseil (externe) pourrait contribuer à identifier des solutions pertinentes. En effet, des services de conseil (indépendants) peuvent faciliter la communication, ce qui peut fortement contribuer à identifier des solutions. »

Votre conseiller.ière Proitera est à disposition notamment pour :

  • vous offrir un espace d’écoute,
  • vous aider à identifier vos besoins et à les anticiper,
  • vous accompagner dans vos réflexions (à qui, comment et quelles informations communiquer dans votre entourage privé et/ou professionnel ?),
  • vous informer sur vos droits et ceux de la personne aidée,
  • vous accompagner dans certaines démarches administratives,
  • ou encore, vous orienter vers les services d’aide adéquats.

En tant que supérieur.e hiérarchique, vous pouvez jouer un rôle en aidant la personne concernée à trouver un meilleur équilibre entre travail et soins aux proches. Optez pour une culture d’entreprise de soutien aux employé.e.s.

Les mesures suivantes pourraient alléger le quotidien de vos employé.e.s:

Travail mobile et flexible
Le travail à domicile offre plus de flexibilité et de souplesse. Le/la proche aidant.e peut ainsi mieux planifier les visites médicales et régler certaines formalités administratives. La plupart du temps, ces démarches ne peuvent être effectuées que durant les heures d’ouverture. En outre, le travail flexible permet aux proches aidant.e.s de mieux planifier leur quotidien. L’essentiel est que le travail soit fait, la présence continue de l’employé.e sur son lieu de travail n’est pas indispensable. 

La gestion des savoirs et des compétences
En tant que supérieur.e hiérarchique, engagez-vous pour vos employé.e.s qui ont des responsabilités en tant que proche aidant.e. Aidez-les à gérer leur temps et au moment de l’évaluation du personnel, intégrez-y les compétences sociales que ces personnes ont développées. Les informations données à titre individuel et à l’échelle de l’entreprise, les séminaires ainsi que les conférences permettent aux employé.e.s et aux supérieur.e.s hiérarchiques de se familiariser avec le thème du Work & Care et de mieux le comprendre.  

Personne de contact
Les employé.e.s qui sont également proches aidant.e.s subissent diverses contraintes et aimeraient peut-être se confier et en parler à quelqu’un. Les conseillers et les conseillères de Proitera mènent régulièrement ce type d’entretiens et peuvent donc aider la personne concernée à gérer certaines émotions et sentiments comme celui de culpabilité.

 


Partager cet article

Lire d'autres articles du blog

La BKB – Banque Cler : un exemple en matière de diversité et d’inclusion en entreprise

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’intéresser au thème de la diversité et de l'égalité des ...

En savoir plus
Proitera Beraterinnen und Berater stellen sich vor.

 

En savoir plus
Les 4 manières distinctes de communiquer lorsqu’un conflit éclate sur le lieu de travail.

Que ce soit directement sur le lieu de travail ou en télétravail, personne ne peut complètement éviter les conflits ...

En savoir plus
Durant la pandémie, le stress touche également vos apprenti.e.s !

Depuis la propagation du coronavirus, le quotidien de vos apprenti.e.s s’est considérablement modifié. D’après un projet d‘étude du «Pouls ...

En savoir plus
Tous les articles de blog